Les missionnaires Montfortains

La Compagnie de Marie est l'une des trois congrégations (pères et frères Montfortains - les Sœurs Filles de la Sagesse et les frères montfortains de St Gabriel) que Saint Louis-Marie de Montfort a fondée en 1705 pour continuer l'évangélisation, mais de réveiller la vie du Baptême, surtout veiller au renouvellement de la promesse baptismale, et c'est toujours avec la Vierge Marie; faisant la consécration totale à Jésus-Christ par ses mains. Mais à présent nous sommes ouverts au besoin de l'Église et à l'endroit où l'Esprit Saint nous envoie.

Louis-Marie de Montfort

Louis Grignion naît le 31 janvier 1673, à Montfort, près de Rennes, en Bretagne. Sa famille appartient à la petite bourgeoisie. Il est le second de 18 enfant de Jean Baptiste Grignon et de Jeanne Robert.

Depuis 1661, Louis XIV règne sur la France en monarque absolu. Les guerres incessantes et les folles dépenses de la Cour pèsent sur les plus pauvres. Le catholicisme est seule religion d'État. Un souci d'unité religieuse mal comprise pousse le Roi à persécuter les jansénistes, à vouloir extirper le protestantisme, à refuser l'intervention du pape dans la nomination des évêques. L' éclat des lettres et des arts mérite cependant à cette période l'appellation de "siècle de Louis XIV" (Voltaire).

Le XVIIe siècle est aussi appelé "le grand siècle des âmes". Le concile de Trente pénètre - tardivement dans l'Église de France. Il y suscite un renouveau spirituel, missionnaire, caritatif, éducatif remarquable. Préoccupés de la formation des prêtres, Bérulle a fondé, en 1611, l'Oratoire de Jésus et Jean-Jacques Ollier, en 1641, le Séminaire de Saint-Sulpice. L'École française de spiritualité connaît un grand rayonnement. Sa théologie centrée sur la grandeur et la sainteté de Dieu et sur le Verbe Incarné né de Marie éveille à une vie chrétienne caractérisée par l'adoration, l'offrande totale de soi-même, l'adhésion au Christ en Marie, l'intériorité et l'élan missionnaire. Comme Vincent de Paul, Jean Eudes et bien d'autres, Louis-Marie a été marqué par cette École. H. Bremond le considérait comme le dernier des grands Bérulliens ".

1685-1700. De 12, à 20 ans, Louis-Marie est élève des Pères jésuites, au collège Saint-Thomas-Becket, à Rennes. Ses études secondaires terminées, il rejoint, à l'automne 1693, le séminaire de Saint-Sulpice, à Paris, où il fait sa théologie. Il est ordonné prêtre le 5 juin 1700. Il a 27 ans.

1700-1706. Sa première expérience apostolique, à Nantes, est décevante... Il est pratiquement réduit à l'inaction par ceux-là mêmes qui devaient le lancer dans la pratique des missions. Il éprouve un grand attrait pour la vie cachée et, en même temps, un vif désir d'aller simplement faire connaître Jésus Christ et sa Mère aux gens de la campagne. L'Évangélisation des Indiens du Canada l'attire également. C’est pour sortir de la France à cause de l'Évangélisation. Les circonstances l'orientent vers les marginaux enfermés dans les "hôpitaux" de Poitiers et de Paris. Il donne quelques missions paroissiales.

Sa singularité et plus encore sa manière de vivre l'Évangile sans aucune compromission, lui valent d'être souvent incompris, éconduit, rejeté. Il fait ainsi l'expérience de la croix. Son unique Sagesse de vie est désormais Jésus Christ, la Sagesse même de Dieu, incarnée et crucifiée, qu'il choisit comme "épouse", à qui il se donne de manière irrévocable (1703-1704). En juin 1706, le pape Clément XI, qu'il est allé consulter à Rome, lui demande d'exercer son action en France, en fidélité aux évêques. Il lui confère le titre de "missionnaire apostolique". Dès lors sa voie est tracée, et il n'en déviera pas.

1706-1716. Il prêche des missions paroissiales et des retraites dans les diocèses de l'ouest de la France. 150 à 200 en dix années seulement! Son but est de raviver, en Église, la relation de chacun avec le Christ. Pour cela tous sont invités à renouveler personnellement leurs promesses du baptême, c'est-à-dire, à se donner totalement à Jésus Christ par les mains de Marie. Il suscite de multiples associations dans lesquelles ceux qu'il a évangélisés trouveront, ensemble, stimulation et soutien.

Sa foi et son audace apostolique marquent durablement les foules. Mais les exigences évangéliques qu'il proclame sans complaisance font naître oppositions, suspicions et calomnies. Comme saint Paul, il est heureux de souffrir pour le Christ et son Évangile. Il ne veut connaître que Jésus Christ, la Sagesse crucifiée. Il meurt en pleine mission paroissiale, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, le 28 avril 1716. Il n'a que 43 ans. Il a été canonisé le 20 juillet 1947.

Sa première disciple, Marie-Louise de Jésus (1684-1759), l'avait suivi à Poitiers dès 1702. Béatifiée en 1993, elle est, avec Louis-Marie cofondatrice des Filles de la Sagesse. La branche masculine, dont il rêvait dès 1700 et pour laquelle il a tant prié et souffert, était encore embryonnaire à sa mort. Elle prendra de l'extension au XIXe siècle en deux Instituts: la Compagnie de Marie (ses membres, sont plus communément appelés "Missionnaires Montfortains") et les Frères de Saint-Gabriel. Plusieurs Instituts séculiers et de très nombreux laïcs vivent de sa spiritualité.

Non seulement, il y avait d'extension mais on connait aussi la présence dans les cinq continent. Madagascar avait ainsi sa part des missionnaires Montfortains, en 1933. C'était justement dans le diocèse de Tamatave qui était encore vicariat apostolique. Ses nombreux écrits sont le fruit de son expérience spirituelle et de son activité pastorale. Le plus connu, édité plusieurs centaines de fois et traduit en une trentaine de langues, est "le Traité de la Vraie Dévotion à la Très Sainte Vierge".

Louis-Marie, "maître et témoin"

Jean-Paul II écrivait: "J'aime à ce propos évoquer, parmi les témoins et maîtres de cette spiritualité, la figure de saint Louis-Marie Grignion de Montfort qui proposait aux chrétiens la consécration au Christ par les mains de Marie, comme un moyen efficace de vivre fidèlement les promesses du baptême" (Redemptoris Mater no 48). Louis-Marie est un maître par la qualité de son enseignement et par l'originalité de la voie spirituelle qu'il propose. Il est un témoin par la sainteté de sa vie et la fécondité de son action. A la fois mystique et missionnaire, il a su se laisser " mouler" en Marie pour devenir membre vivant de Jésus Christ tout en apprenant aux autres à faire de même.